Pièces d'or de France

Du Louis du Roi-Soleil au Napoléon du bas de laine : l'histoire d'un peuple qui n'a jamais cru au papier.

Fresque murale française : Louis XIII tenant un Louis d'or, Napoléon Bonaparte, une Marianne au bonnet phrygien, un coq gaulois, un paysan cachant des pièces dans un mur, et un navire emportant l'or à travers l'océan en 1940.
Illustration BullionRadar — image générée par IA
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Il y a, dans le rapport des Français à l'or, quelque chose de viscéral que les autres peuples comprennent mal. Ailleurs, l'or se montre : il se porte, il brille, il s'affiche. En France, l'or se cache. On l'enterre au fond du jardin, on le glisse derrière une pierre du mur, on le coud dans un matelas. Le mot même qui le désigne dit tout : le « bas de laine », ce vieux bas où la grand-mère cachait ses pièces.

Cette méfiance n'est pas un caprice. Elle est le fruit de trois siècles de leçons brutales. Les Français ont vu leur monnaie de papier partir en fumée — littéralement, place Vendôme. Ils ont vu des empires tomber, des régimes se succéder, des guerres tout emporter. Et à chaque fois, une seule chose a survécu : le métal. De là cette conviction tenace, transmise de génération en génération comme un secret de famille : le papier ment, le métal ne ment pas.

Quand vous tenez un Napoléon d'or dans la paume, vous ne tenez pas seulement six grammes de métal. Vous tenez la mémoire d'un pays qui a appris, à ses dépens, à ne se fier qu'à ce qui pèse. Voici son histoire — celle des rois fastueux, des billets qui ne valaient plus rien, et de l'or que personne, jamais, n'a réussi à arracher tout à fait des mains des Français.

Le Louis d'or : la pièce du roi qui voulait rivaliser avec l'Espagne

En 1640, la France de Louis XIII a un problème : sa monnaie est un chaos. Écus rognés, pièces étrangères, contrefaçons — le numéraire du royaume inspire la défiance. Le cardinal de Richelieu et le surintendant des finances Claude de Bullion décident d'y mettre bon ordre. Par une déclaration donnée à Saint-Germain-en-Laye le 31 mars 1640, naît une pièce d'or neuve, frappée à la perfection technique de l'époque, à l'effigie du souverain. On l'appelle tout simplement le « louis ».

L'enjeu dépasse la monnaie. L'Espagne fait circuler ses doublons et ses pistoles dans toute l'Europe ; l'Angleterre a sa propre fierté d'or. Le Louis d'or est une arme de prestige autant qu'un instrument économique : il doit dire au monde que la France compte. La pièce s'impose. Louis XIV, Louis XV, Louis XVI la frapperont à leur tour, chacun à son profil, pendant un siècle et demi.

Les numismates ont gardé les surnoms poétiques de ces frappes successives : le Louis « à la mèche longue », « à la mèche courte », « aux lunettes », « à la tête nue ». Derrière ces appellations se cache un détail savoureux : pour les contemporains, reconnaître une pièce, c'était reconnaître la coiffure du roi. L'or portait littéralement le visage du pouvoir.

Les assignats : la fois où le papier français partit en cendres place Vendôme

Voici l'épisode fondateur, celui qui a gravé dans l'inconscient français la défiance envers le papier-monnaie. Tout commence avec une bonne idée révolutionnaire. En 1789, la jeune Révolution est ruinée. On confisque les biens du clergé, et pour financer l'État, on émet des billets gagés sur ces terres : les assignats. Sur le papier — c'est le cas de le dire — l'opération est garantie par des biens bien réels.

Le drame, c'est l'engrenage. Pour payer les guerres et les dettes, on imprime, on imprime encore. Les assignats devaient ne jamais dépasser trois milliards de livres, la valeur des biens du clergé. En janvier 1796, on en compte près de quarante-cinq milliards. La planche à billets a tourné comme une folle. Le résultat est une hyperinflation foudroyante. Les marchands parisiens finissent par afficher deux prix : un en papier, un en métal. À Paris, dès la fin de 1795, beaucoup calculent leurs prix en or, n'acceptant l'assignat qu'après avoir vérifié sa cote à la Bourse.

Refuser le papier devient un crime. La Convention décrète le « maximum » des prix, et la peine de mort pour qui n'accepte pas les assignats. Peine perdue : le troc revient, et l'État lui-même finit par ne plus vouloir de son propre papier. La fin est spectaculaire. Le 18 février 1796, place Vendôme, à deux pas des ateliers d'impression, on brûle publiquement les assignats avec les planches à billets et les poinçons. Ce jour-là, le papier ne vaut plus qu'un deux-cent-quatre-vingtième de sa valeur initiale.

Cette scène — des tombereaux de billets réduits en cendres au cœur de Paris — a marqué les esprits pour deux siècles. La leçon fut retenue, et durement. Le métal, lui, n'avait pas brûlé.

Le Napoléon : la pièce qui rendit confiance à un peuple échaudé

Comment redonner confiance à un peuple qui vient de voir sa monnaie s'effondrer deux fois en un siècle — d'abord avec le système de Law en 1720, puis avec les assignats ? Le Premier Consul Bonaparte, lui, a une réponse : le métal, et rien que le métal. Quelques jours après une visite à la Monnaie de Paris, il lance une réforme retentissante. C'est la loi du 7 germinal an XI — le 28 mars 1803 — qui crée le « franc germinal ».

De cette réforme naît la pièce la plus célèbre de l'histoire monétaire française : la pièce d'or de vingt francs, que les Français appelleront bientôt, simplement, « le Napoléon ». Détail qui change tout pour un peuple méfiant : pour la première fois, la valeur est inscrite directement sur la pièce. Plus besoin de peser, plus besoin de croire sur parole. La pièce dit ce qu'elle vaut.

Et la magie opère. Le Napoléon traverse les régimes comme un roc. Bonaparte tombe, les rois reviennent, l'Empire renaît, la République s'installe — et la pièce, elle, ne bouge pas. Même poids, même titre, même promesse, de 1803 à 1914. On change le visage à l'avers — Napoléon Ier, Louis XVIII, Charles X, Louis-Philippe, Napoléon III, puis les symboles républicains — mais la confiance reste. En plus d'un siècle, on estime que la France a frappé près de cinq cents millions de pièces de vingt francs or, soit environ trois mille tonnes de métal jaune.

Le coq et la Semeuse : quand la République grava ses symboles dans l'or

À la fin du XIXe siècle, la jeune Troisième République veut moderniser son image. Plus de roi, plus d'empereur sur les pièces : il faut des symboles à elle. C'est là qu'intervient un homme, Jules-Clément Chaplain, sans doute le plus grand graveur-médailleur français de son temps, prix de Rome et maître incontesté de l'art de la médaille.

En 1898, on lui confie le dessin de la nouvelle pièce d'or de vingt francs. Chaplain grave une Marianne au profil fier, coiffée du bonnet phrygien et couronnée de feuilles de chêne. Et au revers, il place un personnage qui va devenir une icône : un coq, poitrine gonflée, marchant fièrement vers la gauche dans un champ. Le coq gaulois — vieux jeu de mots latin entre gallus, « le Gaulois », et gallus, « le coq » — devient l'emblème de la France sur l'or qui circule dans toutes les poches.

Le détail qui amuse les connaisseurs se cache sur la tranche. Sur les premiers Coq, on lit en relief une devise pieuse héritée des régimes précédents : « DIEU PROTÈGE LA FRANCE ». Puis, à partir de 1907, la République laïque la remplace par sa propre devise : « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Sur une même pièce, à dix ans d'écart, c'est tout un basculement de civilisation que l'on peut lire du bout du doigt, sur la tranche d'une pièce d'or.

Le talent de Chaplain dépassa la monnaie : son portrait de Marianne fut repris sur la médaille officielle de l'Exposition universelle de Paris en 1900, faisant le tour du monde. Quant à la Semeuse — cette autre grande figure féminine qui sème à tout vent, signée Oscar Roty — elle régna surtout sur l'argent et continue, aujourd'hui encore, d'orner les pièces françaises en euros. Deux femmes allégoriques, un coq : la République avait trouvé son or.

L'or qui fuit : le bas de laine, les guerres et le grand exode de 1940

Si les Français cachent leur or, c'est qu'ils ont de bonnes raisons. Dès le déclenchement de la Grande Guerre, en août 1914, les pièces d'or disparaissent comme par enchantement de la circulation. L'État instaure le cours forcé des billets, et les particuliers, eux, font l'inverse : ils gardent jalousement leurs Napoléons. Les historiens parlent d'un grand basculement, d'une thésaurisation « monétaire » de précaution vers une thésaurisation « refuge » — en clair, l'or cesse d'être de la monnaie courante pour devenir le trésor que l'on garde pour les mauvais jours. Le bas de laine, dans les campagnes comme chez les petits-bourgeois, prend tout son sens.

Mais l'épisode le plus stupéfiant reste celui de 1940. Devant l'avancée allemande, la Banque de France organise dans la panique l'évacuation de la quasi-totalité de ses réserves d'or — plus de deux mille tonnes — à travers ports embouteillés, routes encombrées de réfugiés et wagons vétustes. Le métal traverse l'Atlantique. Une partie file vers Halifax au Canada, une autre vers New York. Deux cent cinquante tonnes débarquent à Fort-de-France, en Martinique, gardées au fort Desaix par des soldats qui dormaient, sans le savoir, sur l'or de la nation. Et plus de mille tonnes échouent à Dakar, puis sont convoyées par train à dix-huit heures de route à l'intérieur des terres, jusqu'à la petite ville de Kayes, en plein cœur de l'actuel Mali.

L'enjeu était colossal. Cet or attisa toutes les convoitises : celle de l'occupant, celle des Anglais, celle des Américains méfiants. De Gaulle lui-même rêva de mettre la main dessus à Dakar pour asseoir la France libre — l'attaque échoua piteusement en septembre 1940. Pendant ce temps, dans les villages, les Français continuaient leur geste immémorial : creuser, murer, enfouir.

Les pièces d'or françaises à découvrir

Le récit français se prolonge dans ces pièces que des générations ont serrées dans leur poing. Pour le détail des caractéristiques et la comparaison des prix, chaque fiche vous attend — ici, on vous donne surtout la petite histoire qui donne envie de cliquer.

Napoléon 20 Francs Or

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La pièce-étalon du bas de laine français. Créée en 1803 pour rendre confiance à un peuple ruiné par les assignats, elle a traversé six régimes sans jamais trahir. Dire « j'ai des napoléons », en France, c'est presque dire « je suis à l'abri ».

10 Francs Napoléon Or

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La petite sœur du grand Napoléon, taillée pour les bourses modestes. C'est elle, souvent, qu'on glissait par poignées dans le bas de laine — assez petite pour se cacher partout, assez sûre pour traverser une guerre.

10 Francs Marianne Coq Or

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Le coq gaulois et la Marianne de Chaplain, en format de poche. Un condensé de symboles républicains que des familles entières ont enfoui en attendant des jours meilleurs.

20 Francs Marianne Coq Or

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Regardez sa tranche : selon le millésime, elle proclame « DIEU PROTÈGE LA FRANCE » ou « LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ ». Sur une pièce d'or, tout un basculement de civilisation se lit du bout du doigt.

Zodiaque Taureau 2026 Or

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Changement total de décor : ici l'or français se fait contemporain et ludique. Le Taureau, signe de terre réputé fiable comme un roc, ouvre la collection « Astro » de la Monnaie de Paris — chaque signe gravé en or pur, qualité Belle Épreuve, en tirage minuscule.

Zodiaque Gémeaux 2026 Or

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Le duo des Gémeaux gravé dans l'or pur de la Monnaie de Paris : une curiosité moderne entre astrologie, cadeau de naissance et objet de collection — à mille lieues du Napoléon du grenier, et c'est tout l'intérêt.

Zodiaque Cancer 2026 Or

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Le crabe du Cancer trône au milieu des vagues sur cette micro-pièce en or pur, frappée en qualité Belle Épreuve — la plus haute distinction de l'art numismatique français.

Zodiaque Lion 2026 Or

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La crinière du Lion se mêle aux flammes de son élément : le feu, gravé dans l'or pur par les artisans de la Monnaie de Paris pour la série Astro 2026.

Zodiaque Vierge 2026 Or

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La Vierge pose au milieu des végétaux, littéralement dans son élément, sur une micro-pièce d'or de collection au tirage volontairement confidentiel.

Zodiaque Balance 2026 Or

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Le signe d'air à l'équilibre parfait, frappé en or 999 millièmes par la Monnaie de Paris : le visage contemporain et collectionnable de l'or français.

Zodiaque Sagittaire 2026 Or

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L'archer fonceur clôt la série Astro 2026 : une curiosité dorée, micro-pièce en or pur de la Monnaie de Paris, pour qui ne compte pas quand il aime.

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Sources