Pièces d'or du Mexique

De l'or des Aztèques au Centenario : cinq siècles de légendes, de guerres et de trésors.

Fresque murale mexicaine : Moctezuma offrant l'or aux conquistadors, l'aigle aztèque, les volcans et un révolutionnaire de la Révolution mexicaine
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Tout commence par une prophétie. Un dieu, Huitzilopochtli, ordonne à un peuple errant de marcher jusqu'à voir un aigle posé sur un cactus, en train de dévorer un serpent. Là, et seulement là, ils bâtiront leur ville. Après des générations d'errance, les Mexicas aperçoivent enfin le signe sur un îlot perdu au milieu d'un lac. Ils y fondent Tenochtitlán — une cité posée sur l'eau, qui deviendra Mexico.

Cet aigle, ce serpent et ce cactus figurent encore aujourd'hui au centre du drapeau mexicain. Et lorsque vous tenez une pièce d'or mexicaine dans votre main, vous tenez un fragment de cette histoire-là : celle d'un pays où le métal jaune a fait couler le sang, naître des empires et disparaître des trésors que personne n'a jamais retrouvés.

Car le Mexique n'est pas un pays d'or comme les autres. C'est une terre où l'or a été adoré par les Aztèques, pillé par les conquistadors, frappé pendant cinq siècles dans la plus vieille monnaie des Amériques, et caché par un bandit révolutionnaire devenu légende. Voici son histoire.

La Noche Triste : la nuit où les conquistadors se noyèrent sous l'or volé

En novembre 1519, Hernán Cortés et sa petite troupe d'Espagnols entrent dans Tenochtitlán. La cité les sidère : elle rivalise avec les plus grandes villes d'Europe, posée sur un lac, traversée de canaux, hérissée de temples. Et partout, de l'or. Les Espagnols, qui en raffolent, ne tardent pas à provoquer la rupture.

Dans la nuit du 30 juin au 1er juillet 1520, l'armée de Cortés tente de fuir la ville en révolte. Les conquistadors s'engagent sur les étroites chaussées qui relient l'île à la terre ferme, les poches et les sacs gonflés du trésor de Moctezuma. L'alarme est donnée. Des centaines de canots surgissent dans l'obscurité. C'est un massacre.

Et c'est ici que naît l'une des images les plus saisissantes de l'Histoire : alourdis par l'or qu'ils refusaient de lâcher, beaucoup de soldats perdent l'équilibre, tombent dans le lac et coulent à pic, entraînés par le fardeau de leur propre cupidité. Les chroniqueurs espagnols ont baptisé cet épisode La Noche Triste, « la Nuit triste ». Plus de 600 conquistadors y périrent, peut-être bien davantage.

La plus vieille monnaie des Amériques, bâtie sur la maison d'un empereur

Le 11 mai 1535, le vice-roi Antonio de Mendoza fonde la Casa de Moneda de México : le premier atelier monétaire de tout le continent américain. Elle frappe encore des pièces aujourd'hui, près de cinq siècles plus tard.

De cet atelier sortit une pièce qui allait conquérir la planète : le real de a ocho, la fameuse « pièce de huit » des récits de pirates. Frappée à partir de l'argent mexicain, elle devint la première véritable monnaie mondiale, acceptée de l'Europe à la Chine. Elle a influencé jusqu'au dollar américain, au yen japonais et au yuan chinois.

L'empereur fusillé qui paya ses bourreaux en or

L'histoire monétaire mexicaine compte une scène que l'on croirait sortie d'un opéra. En 1864, un archiduc autrichien, Maximilien de Habsbourg, accepte la couronne d'un éphémère « Empire du Mexique », soutenu par la France de Napoléon III. L'aventure tourne au drame. Abandonné, vaincu par les républicains de Benito Juárez, il est condamné à mort.

Le 19 juin 1867, au matin, sur la colline du Cerro de las Campanas, Maximilien fait face au peloton d'exécution. Et là, fidèle à une tradition aristocratique européenne, il accomplit un geste resté célèbre : il remet à chacun de ses bourreaux une pièce d'or. Ses derniers mots, prononcés en espagnol : « Je pardonne à tous, et je demande à tous de me pardonner… Vive le Mexique, vive son indépendance ! »

Il aurait demandé à n'être pas visé au visage, pour ne pas horrifier sa mère en voyant son corps rapatrié à Vienne. Quant aux pièces d'or distribuées ce matin-là, elles sont devenues une énigme pour les numismates. Une pièce gravée à la main, censée être « l'une des cinq monnaies données par Maximilien aux soldats qui l'exécutèrent », circule de collection en collection. Son authenticité reste douteuse — les spécialistes relèvent des fautes de grammaire suspectes dans l'inscription. La frontière entre relique et faux, ici, n'a jamais été tranchée.

Pancho Villa et le magot que personne n'a jamais déterré

Avançons d'un demi-siècle, en pleine Révolution mexicaine. Un nom domine la légende de l'or caché : Francisco « Pancho » Villa, le bandit devenu général.

Les faits sont déjà romanesques. En décembre 1913, les hommes de Villa s'emparent de Chihuahua et pillent une banque. Le directeur, issu de la puissante famille Terrazas, avait dissimulé l'or de l'établissement à l'intérieur d'une des colonnes du bâtiment. Capturé, il finit par lâcher la cachette. Les Villistes éventrent la colonne et emportent une fortune en or — qui ne fut jamais officiellement retrouvée par la suite.

Deux volcans, deux amants : la légende gravée sur l'or mexicain

Regardez attentivement le revers des grandes pièces d'or du Mexique : derrière la silhouette ailée se dressent deux montagnes. Ce ne sont pas de simples volcans. Ce sont, selon une légende aztèque parmi les plus aimées, deux amants pétrifiés pour l'éternité.

La princesse Iztaccíhuatl aimait le guerrier Popocatépetl, parti combattre au loin. Un rival jaloux fit courir le bruit qu'il était mort au champ d'honneur. De chagrin, la princesse s'éteignit. Quand le guerrier revint, vivant et victorieux, il trouva sa bien-aimée sans vie. Il la porta au sommet d'une montagne et s'agenouilla près d'elle, une torche à la main, attendant la mort. Les dieux, dit la légende, les transformèrent en deux volcans. Aujourd'hui encore, le « Popo » fume au-dessus de la « Femme endormie » — comme une flamme qui ne s'éteint jamais.

Cette histoire d'amour tragique, peinte par Diego Rivera et Frida Kahlo, veille discrètement sur les pièces d'or mexicaines. Peu d'épargnants le savent : ils tiennent dans leur main un poème vieux de plusieurs siècles.

Les pièces d'or mexicaines à découvrir

Le récit du Mexique se prolonge dans ses pièces. Pour les caractéristiques précises et la comparaison des prix, chaque fiche vous attend — ici, on vous donne surtout une bonne raison de cliquer.

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Sources